En relisant « ‘Logique de l’action collective » à l’ombre d’un chêne centenaire me protégeant d’un soleil pourtant absent, je compris subitement combien ce concept de passager clandestin, propre à Olson, trouvai ses ramifications dans notre vie contemporaine. Vie faite de frilosité grandissante face au savoir, à la mise sur un piédestal de l’immédiateté du plaisir, l’abaissement des valeurs, la médiocrité intellectuelle et des acculturations ratées, de démagogie et de niaiserie. Mais pas seulement, évidemment, même si, esseulées restent les âmes différentes.
Le comportement du passager clandestin pose problème en économie comme à l’échelon de la société. Et à mon échelon à moi. Je l’assimile aux traqueurs de rencontre dont j’ai préalablement parlé. Faisant foi d’un toupet me laissant dubitative, faisant fi de tout tact, force est de constater sans rouler les » f » qu’ils sont aussi vifs que des rats, prompt à sortir une démagogie convenue.
Le passager clandestin s’imagine pouvoir profiter de mes connaissances en anatomie, en psychologie, de mes capacités physiques, et mon imagination et perversité, sans rien. Sans le moindre effort, et encore moins la contrainte. Pourtant parts intégrantes du BDSM.
Pour lui, une femme dominatrice, hautement chaussée de bottes en plastique, vivant au rythme de sodomies sur des sujets mâles en quête de sensations fortes, s’adonne aux soumis par plaisir. Du plaisir mais rien d’autre. Sans quoi, elle n’est pas une dominatrice. Elle se doit de rencontrer et d’être disponible pour tout soumis lui en faisant la demande. Elle est un service public, Point final. Toute demande de rétribution est proscrite, suspecte. C’est ainsi.
Une telle dichotomie est stupéfiante. Mes armes sont faibles en matière de démagogie, mais j’apprends tous les jours.
Je pense d’ailleurs publier prochainement un recueil de tous les mails hargneux et caricaturaux que reçoivent mes assistantes lors du tri du cheptel. C’est hilarant. Une pièce est à l’étude, elle sera jouée par 2 serviteurs, une représentation que j’offrirai à quelques consœurs.
Prisonnière d’un habitus, j’étale ma vision rugueuse de sujets importants à mes yeux comme j’écraserai dans des cheveux parsemés d’un quarantenaire refusant de passer ce cap ma dernière cig. Avec fébrilité.
On me reproche souvent de tout intellectualiser et de ne pas parler de pratiques, pures et dures.
J’ai déjà expliqué que les pratiques, que je maîtrise, surtout le bondage que j’apprécie, classiques, m’ennuient tout de même. Je sais l’attente des enfants de truie, attendant impatiemment la vue de bottes en plastique, d’un fouet, d’un énorme god pour nourrir leur besoin d’avilissement. Ces sous merdes sont comme les saisons. Elles reviennent, immuables, automatiques, prévisibles, ennuyeuses, on ne peut s’en débarasser. Elles semblent organiser comme des rats, envoyant copy paste par copy paste, grossierement rédigés, alors qu’un singe handicapé serai à meme, au bout de quelques lignes, de déceler la grossiereté si intraseque aux gênes masculins.
En vérité, même si le travail de tri des candidatures, désormais beaucoup moins nombreuses, appartient à une de mes assistantes, je suis lassée. Le caractère de consommation, de toupet puéril systématique des mails que je survole m’affole.
Pour toutes les sous merdes inutiles, voici ce qu’est une Domina :
Elle doit rencontrer immédiatement le soumis qui la contacte. Elle n’exige aucune offrande, évidemment, autrement, c’est une Fausse domina, une arnaqueuse, un homme, une étudiante, une voleuse, que sais je. Ou une pute, encore est il besoin de préciser cette évidence.
Elle possède une collection de bottes en plastique, sodomise à foison et apprécie particulièrement les cadres, poivre et sel, très séduisants, l’élite de la nation, forcément. Polie, elle doit assurer une service satisfaisant, car elle est avant tout une prestataire de service. Discrète, elle ne doit pas laisser de marques, afin que ledit cadre puisse assurer son besoin d’évasion pour pimenter sa lourde vie chargée de responsabilités sans problème. Elle ne fait aucun dressage virtuel, elle n’a pas à trier.
Ce sera l’objet de mon prochain post : » je suis réel, madame. »
L’union meme de la médiocrité fait la force. Une force contre laquelle lutter est interminable.
Comments (0)